La vie dans l'univers - ça se calcule
par Eric Filion
Depuis de nombreux siècles, l'être humain semble toujours avoir été fasciné par l'émergence de la vie sur la terre. Grâce à la science, nous savons désormais que les premières formes primitives de vie sur la terre se développèrent il y a environ 4 milliards d'années. Ces formes primitives se présentaient sous forme de molécules auto-reproductrices nommées bactéries. Face à cet événement, l'être humain songea à la possibilité que la vie prenne naissance ailleurs dans l'univers. À l'aide de nombreux mathématiciens et scientifiques, nous avons de fortes raisons de croire que l'existence de la vie à l'extérieur de notre planète est probable et dénombrable.
Dans un premier temps, pour qu'une planète puisse abriter la vie, elle doit être à proximité d'une étoile. Notre galaxie, la Voie lactée, existante depuis 9 milliards d'années, compte environ un total de 100 milliards d'étoiles. En moyenne, il s'y forme 10 étoiles par année. Ces 100 milliards d'étoiles ont été classifiées en différentes classes ou groupes selon leurs caractéristiques nommées type spectral. En tout, il existe sept principaux types spectraux: O, B, A, F, G, K ET M (le Soleil est de type G2).
Parmi ces étoiles, on peut en éliminer une bonne quantité dès le départ dû au fait que ces dernières ne peuvent procurer une source d'énergie suffisante pour l'émergence d'une forme de vie. En fait, pour que la source soit suffisante, il faut que l'étoile possède une zone continuellement habitable - ZCH. En d'autres mots, il s'agit d'une région autour d'une étoile où une planète se trouve à la bonne distance de l'étoile. La planète ne doit pas être trop éloignée car elle serait plus froide et elle ne doit pas être trop près car cette dernière serait soumise à une forte dose de radiation provenant de la couronne et des protubérances de l'étoile. Ainsi, les étoiles rouges de type spectral M sont à rejeter. Celles-ci représentent 70 % des étoiles. Pour les mêmes raisons, les étoiles de type K (10 %) sont également à oublier. De plus, la ZCH doit exister suffisamment longtemps pour permettre à la vie d'éclore. Si l'on se base sur l'émergence de la vie sur terre, la ZCH doit être présente pour plusieurs milliards d'années. Ainsi, les étoiles de type O, B, A et F sont à rejeter car ces étoiles ne vivent pas très longtemps (moins de 3 milliards d'années). Toutefois, ceci ne représente que 10 % des étoiles de notre galaxie. À ce stade, seulement 10 % des étoiles sont susceptibles de fournir une quantité suffisante d'énergie et une ZCH convenable pour développer la vie.
Quant aux étoiles possédant une ZCH, celle-ci doit être ni trop loin ni trop près pour pouvoir contenir une planète ayant la présence d'eau liquide. Pourquoi? La raison est simple. L'eau constitue le meilleur solvant pouvant servir de support à la création de la vie. Par exemple, les premières formes de vie primitives sur la Terre naquirent dans les premiers océans terrestres. Enfin, les étoiles favorables à la vie sont principalement de type spectral G tout comme le Soleil.
Comme je l'ai mentionné précédemment, il naît en moyenne 10 étoiles par années. De ces étoiles, une est de type G. De plus, il faut éliminer les étoiles se trouvant dans un système multiple car les planètes seraient soumises à de nombreux écarts de température en raison de la présence et de l'éloignement des étoiles. Donc, il fait oublier une étoile sur deux ce qui nous donne qu'une étoile propice à la vie naît tous les deux ans.
Qu'arrive-t-il si une étoile propice n'a pas de planète ou n'a pas de planète typique dans sa ZCH? Ainsi, une planète située dans la ZCH doit être suffisamment grande pour posséder une atmosphère. Sans atmosphère, l'eau liquide s'évapore instantanément. Une planète semblable à Mercure ne serait donc pas une bonne candidate, même si cette dernière occuperait l'orbite terrestre. En regroupant tous ces facteurs, il ne reste plus que 1 % des étoiles parmi les 10 % qui sont susceptibles d'abriter la vie. Cela équivaut donc à une étoile favorable tous les 200 ans! En effectuant le calcul, on découvre que cette toute petite fraction représente 35 millions de planètes ou, en d'autres mots, une étoile sur 3000! Statistiquement parlant, elles seraient distantes chacune de 60 années-lumière en moyenne.
Néanmoins, la naissance de la vie sur une planète quelconque n'implique pas que celle-ci développera une forme intelligente. À ce nombre, soit une étoile sur 3000, il faut multiplier la probabilité d'une forme de vie intelligente. Cependant, cette quantité demeure encore un mystère total pour les scientifiques.
Finalement, tel que démontré, l'émerge de la vie ailleurs dans l'Univers n'est pas improbable. Cependant, même si cette minime fraction représente un grand nombre d'étoiles, il ne faut surtout pas penser que notre première rencontre avec des habitants d'un autre monde est prévue pour demain! Puisque ces étoiles sont passablement distantes les unes des autres, un tel rendez-vous ne se produira certainement pas avant de nombreux siècles.