| À chaque fois que l'on préparait nos soirées d'observation, et que nous recherchions des informations dans les livres, immanquablement on ¨tombait¨ sur une description …apparaît comme un amas flou… mais observé dans un ciel pur d'Arizona on distingue nettement le noyau et les étoiles en périphérie… Combien de fois avons nous ragés de se contenter du ciel du Québec. Puis une annonce dans Sky & Telescope attira notre attention, on y annonçait un endroit au Nouveau-Mexique louant chalets et instruments, un site conçu spécialement pour faire de l'observation astronomique. Dès cet instant, notre idée de vacance astronomique pris forme. Au mois d'Août 1996, deux amis membres du Club des astronomes amateurs de Longueuil, mon conjoint et moi sommes en route pour Phœnix, Arizona (et oui, nos vacances n'étaient pas juste astronomique, rendu si près, il était impossible de ne pas passer par le Grand Canyon).
Meteor Crater
Notre première halte astronomique fut au Meteor crater. De la route il était difficile d'imaginer que l'élévation que nous voyions devant nous était le rebord du cratère. On s'attendait quelque chose de plus massif vu la force de l'impact. Mais une fois sur le bord du cratère la perspective prend une toute autre allure. C'est beaucoup plus vaste que je ne l'avais imaginé, et la profondeur est difficile à évaluer n'ayant aucun point de repère visuel il faut se référer au chiffre ( 200m de profond et 3,8 km de circonférence). Un pointeur marque la direction d'un rocher posé sur le rebord en face de notre point d'observation qui semble de petite dimension mais qui est en fait est de la grosseur d'un bungalow. Tout est gigantesque et d'une certaine façon d'une solennité imposante. Quelques sentiers sont aménagés laissant place à la déception de ne pouvoir descendre plus bas, ni de pouvoir parcourir le contour au complet ceci en vue de protéger le site et ne pas le dégrader. La roche fondue et recristallisée de façon si caractéristique témoigne de la puissance de l'impact. Bien qu'aride et désolé le site est d'une beauté impressionnante.
Star Hill Inn; Sapello, New-Mexico
Perdu dans les Rocheuses du Nouveau-Mexique, Star Hill Inn est un aménagement de chalets, donnant accès à un site d'observation sur une plate-forme. Conçu principalement pour les astronomes amateurs, plusieurs instruments de haute qualité sont disponibles. Il ne faut pas oublier que ces installations sont à 7200 pieds d'altitude soit près du double de ceux de l'observatoire du Mont Mégantic. Nous avons loués différents instruments, puisqu'on avait l'opportunité d'apprécier différents type d'appareils. À quatre, nous avions toujours plusieurs instruments : un Newton 22 pouces, un de 17.5 et une lunette de 7 pouces et un Takahashi Ski Patrol camera Mount pour faire de la photographie. Notre première nuit d'observation coïncidait avec les Perséïdes, demandez-nous si nous en avons vu beaucoup ? Très peu car à voir le ciel si pur et sans humidité nous avons eu une crise de "boulimie" se dépêchant d'observer le plus d'objets que nous connaissions afin de faire le jeu des comparaisons, malgré les Ho et les Ha des autres astronomes occupés à observer la pluie d'étoiles filantes. Quelque fois en entendant les commentaires on levait le nez vers le ciel pour replonger précipitamment l'œil à l'oculaire. Ce fut une merveilleuse nuit…
C'est un pur délice que de faire de l'observation là-bas. Si je vous dis que mon cahier de notes n'a pas pris l'humidité une seul fois ça nous change des nuits du Québec. De plus une magnifique bibliothèque adjacente regorge de livres, de logiciels,… de biscuits et de café. Le ciel y est tellement pur et la température tellement clémente que nous réussissions toujours à compléter le programme d'observation que chacun s'était préparé durant la journée.
Selon les goûts de chacun, on a focalisé sur nos préférences:
Guy a plutôt refait les objets qu'il connaissait afin d'en savourer chaque détail.
Daniel, amateur de galaxies a apprécié les galaxies difficiles à localiser ou à observer ici.
Michèle a continué son catalogue Messier.
Et moi, je me concentrais sur le catalogue Hershell.
Grâce à Michèle, j'ai aussi découvert un type d'observation que je ne faisais jamais soit les étoiles doubles et les étoiles colorées. Je dois avouer qu'avec une ciel comme ça, on peut voir une différence entre une étoile jaune pâle, ou jaune beige, ou jaune citron. Tout un spectacle. Et que dire des étoiles doubles! J'ai observé des duos assez rapprochés et de magnitudes très différentes.
C'est avec regret que notre semaine se termina, mais déjà nous avions l'intention d'y revenir.
Mesa Verde
Notre voyage se poursuivit par une visite à Mesa Verde, un parc au sud ouest du Colorao où l'on retrouve un site bâti par les indiens Anastase entre 550 et 1250 sur les flancs du canyon. La montagne culmine à 8571 pieds et offre un horizon ininterrompu de 360 degrés. C'est là que se situait notre hôtel, et de notre balcon, nous avions une vue magnifique du ciel. Aux jumelles, nous pouvions faire de belles observations dont de très beaux objets bas à l'horizon. J'en ai profité pour ajouter les objets du catalogue Herschell H12 et H13 à ma collection.
Lowell Observatory; Flagstaff, Arizona
Nous sommes arrivés à Flagstaff le dimanche, après avoir consulté des dépliants touristiques on y apprend que l'on peut observer avec la lunette de 24 pouces. On compose immédiatement le numéro de téléphone afin de savoir les heures d'ouverture pour y apprendre que le seul soir fermé est le…dimanche soir. Le lendemain, nous grimpons Mars Hill afin d'arriver aux observatoires. Après la visite de l'exposition, nous avons droit à une visite guidé des lieux. La bibliothèque (de toute beauté) avec les instruments d'époque : une machine à calculer (que des additions et des soustractions) plus grosses que mon bureau d'ordinateur, différents instruments d'optique mais le plus impressionnant les deux plaques photographiques originales de la découverte de Pluton, avec le comparateur. Les plaques sont de bonnes dimensions, et j'imagine la somme de d'heure de patience avant de parvenir à cette découverte. Des cahiers de notes, mais aussi ses dessins des canaux de Mars. Nous continuons notre visite à l'extérieur pour nous rendre à la mausolée de Percival Lowell , en chemin notre guide nous fait remarquer la présence de pin nommé Ponderosa pine, cette sorte d'arbre sent le caramel ce que notre guide nous invite à faire mais aucun de nous n'ose aller sentir l'arbre de peur que ce soit un "attrape touriste", mais effectivement ces arbres sentent le caramel. Maintenant quand je revoie des photos ou qu'on me parle de ce lieu je pense tout de suite caramel…
Nous voilà dans l'observatoire de la lunette Clark de 24 pouces, dans un coin une chaise droite en bois pareille à celle que l'on voit si souvent sur les photos de Lowell. L'instrument est imposant mais on ne peut s'empêcher de sourire lorsque le guide nous fait remarquer que le couvercle qui referme le chercheur est fait à partir d'un poêlon de Mme Lowell, de même le dôme qui tourne sur des pneus de l'époque et que maintenant lorsqu'un de ceux-ci brise, il faut en commander un sur mesure. Cet instrument a beaucoup servi lors du programme Apollo à cartographier la Lune avant le départ des astronautes. Finalement, nous visitons l'observatoire abritant une caméra Schimdt de 13 pouces. Ce qui termine notre visite car nous ne pouvons pas rester jusqu'au soir afin de pouvoir jeter un œil dans la lunette de 24 pouces à notre grand regret. |